Nos-coups-de-coeur

LA CHAMBRE DES OFFICIERS / DUGAIN MARC

En 1914, tout sourit à Adrien, ingénieur officier. Mais, au début de la guerre,
lors d'une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d'obus le
défigure. En un instant, il est devenu un monstre, une "gueule cassée". Adrien
ne connaîtra ni l'horreur des tranchées ni la boue, le froid, la peur ou les
rats. Transféré au Val-de-Grâce, il rejoint une chambre réservée aux officiers.
Une pièce sans miroir où l'on ne se voit que dans le regard des autres. Il y
restera cinq ans. Cinq ans entre parenthèses. Cinq ans pour penser à l'avenir, à
l'après-guerre, à Clémence qui l'a connu avec son visage d'ange. Cinq ans à
nouer des amitiés déterminantes pour le reste de son existence...

 

On est en 14
Il fait beau, le mois d’août ne ressemble pas à un mois de novembre
Oui mais…
"Entendez-vous dans nos campagnes mugir ces féroces soldats?"

Adrien a fier allure sur son destrier, pas forcément fidèle
Il a mis son joli uniforme d’apparat
Veste bleu marine et pantalon rouge garance
Il est en reconnaissance pour le Génie (je crois)

Et dans ce ciel azur où perce un soleil étincelant
On entend un sifflement
Qu’est-ce que c’est ?
Un obus

En une fraction de seconde, le héros en potentiel devient un blessé
Ça n’était qu’une mission de routine, mais pas de bol, le front a avancé plus vite que prévu
La guerre ne fait que commencer, mais pour Adrien c’est déjà fini

Pendant que les autres se battront pour des idéaux, lui se battra pour sa survie
Les uns partent vers l’est, lui va vers l’ouest
Direction : Val-de-grâce, dans la Chambre des Officiers
Dans son malheur, il a la petit consolation d’être gradé, donc d’avoir un traitement de "faveur"

Autant le ciel était magnifique, autant la chambrée dans laquelle il alité est lugubre
C’est spacieux, mais gris
C’est l’un des premiers arrivés, les lits vont se remplir au fur et à mesure, avec son lot de blessés, plus ou moins abîmés, plus ou moins bruyants

Il a la tête bandée
Le bas de son visage a été emporté par un éclat d’obus
Il ne peux pas toucher à son pansement
Ca compromettrait sa guérison qu’on lui dit

Il a envie de voir
Comment est-il maintenant ?
Va-t-il supporter de voir son nouveau visage ?
Que vous penser les autres en le voyant ?

C’était un fringant lieutenant, c’est désormais un monstre
Sa vie a basculé l’espace d’un instant
Bien sûr qu’il est en sécurité loin du front
Mais est-ce que sa vie aura encore un sens, vu ce qu’il est devenu...

Le discours sur la beauté intérieur, patati patata, il en est très loin
Dans sa chambre, il n’y a aucun miroir
Il ne faut qu’il se voit pendant sa convalescence, il risquerait de faire une bêtise
Dans le reflet des vitres, il cherche à se voir ; puis, plus tard, dans la rue, il guette les regards pour savoir quel image se font les gens de lui

C’est l’histoire d’un officier, mais c’est surtout le récit d’une vie brisée
Il y a pas de blabla, juste un choc
Un visage qui se décompose devant un reflet
Mais Adrien est sain et sauf, a lui d’écrire la suite de l’histoire



30/11/2012
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